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jeudi 28 août 2014

Un bébé, quelle aventure ! Ou comment accueillir un petit frère.



Accueillir un petit frère ou une petite sœur n'a jamais été chose simple. 
Et j'en sais quelque chose ! 
A 4 ans 1/2, un petit frère a débarqué dans ma vie et l'a chamboulée tel un tsunami digne de ce nom. Je suis passée par toutes les réactions possibles et imaginables : la joie, l'hyper-excitation, la colère, l'agressivité, la jalousie, le mépris, la déception ... et puis un jour l'acceptation ! [Mais très tard l'acceptation !]

Cette période de notre vie, à mes parents, mon frère et moi-même, reste LE souvenir mémorable qui ressort bien évidemment à chaque réunion de famille, pendant le repas du dimanche midi ! Aujourd'hui chacun en rit, mais je ne crois pas me tromper en affirmant que ça n'a pas toujours été le cas !

Et aujourd'hui que je suis moi-même maman à mon tour, j'avoue que la réminiscence de mon comportement à l'arrivée de ce petit frère m'a toujours effrayé quand une grossesse pointait le bout de son nez : mes enfants auraient effectivement pu réagir comme je l'ai fait à l'arrivée de leur frère ou de leur sœur ....

Alors dès que j'ai su qu'un 2ème petit bouchon arrivait dans moins de 9 mois alors que mon number One n'avait que 16 mois, je me suis penchée sur la question afin de tenter de faire tout ce qui était en mon pouvoir pour que les choses se passent au mieux. En sachant évidemment que le facteur "tempérament" ne pourrait pas être contrôlé : si l'enfant est de nature jalouse, comment le faire plier ???!!

Quoiqu'il en soit il me fallait préparer le terrain, choisir les bons mots, faire attention aux gestes et aux paroles. 

Entre autre, il y eut ce livre :

"Un bébé, quelle aventure !" de Roser Capdevila, Marie-Agnès Gaudrat aux Editions Bayard Jeunesse.

Un joli album fait de dessins illustrant la vie avant, pendant et après l'arrivée d'un petit frère ou d'une petite soeur et qui décrit joliment, simplement et avec un brin d'humour le chamboulement pour ces petits aînés qui, on doit bien l'avouer, n'ont rien demandé !!!!

Parents et enfants peuvent le lire ensemble le soir avant le coucher, on peut également ouvrir une page qui décrit justement l'état ou la question du jour de l'enfant, on laisse aussi le future grand frère l'ouvrir seul à sa guise ... C'est une aventure en famille, mais son aventure à lui, il va la vivre tout seul au fond.

Et même s'il y a des jours plus compliqués que d'autres, cet album montre à l'enfant tous les points positifs de la fratrie et surtout que très rapidement tout rentrera dans l'ordre !









dimanche 27 avril 2014

Les yeux jaunes des crocodiles ... le film

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J'avais découvert le roman en février [j'en parlais ici], j'en avais dévoré les 600 pages en à peine une semaine, m'étais attachée à chacun de ses personnages, et étais totalement tombée sous le charme de cette histoire de famille, de ses amours et désamours, de cette écriture fluide et si proche du lecteur.
J'attendais avec impatience l'adaptation du roman au cinéma. Non sans une petite appréhension car j'ai bien souvent été déçue des adaptations de romans, et il faut dire qu'ici, on s'attaque à du lourd : plus de 600 pages de roman, ça en fait à raconter, des anecdotes, des descriptions à respecter. Je me doutais bien qu'il y aurait des écarts et des oublis volontaires. Mais ma crainte était là : serait-ce représentatif du roman dans sa totalité ?

Verdict : eh bien oui ! Le travail d'adaptation est très respectueux, dans ses moindres détails, et quand il doit s'écarter pour, justement, adapter, il le fait en délicatesse.
Vous l'aurez compris : j'ai adoré ! Je me suis retrouvée happée par ces 2 heures 02 de film français, juste sublime, avec cette étonnante sensation de tout savoir de la suite, connaissant déjà les réactions, les dialogues, anticipant les scènes, mais tout ça dans la surprise de la découverte, et sans jamais être ni lassée ni larguée. 
Le casting est finement pensé : on retrouve la fragilité et la naïveté de Joséphine dans les traits de Julie Depardieu, l'impétuosité d'Iris chez Emmanuelle Béart, la classe de Philippe via Patrick Bruel, même Antoine Cortès prend parfaitement vie grâce à Samuel Le Bihan .... Chaque personnage est respecté et joué avec subtilité. Je donnerais une mention spéciale à la jeune Alice Isaaz, une découverte pour le cinéma français selon moi, une beauté à l'état pur, avec ses grands yeux bleus et son excellent jeu. Parce qu'il faut le dire, pour jouer la jeune Hortense, un vrai rôle de composition, il en fallait !
Toujours beaucoup de fluidité, aucun temps mort, de l'humour, de belles émotions, en bref le roman en vrai devant nos yeux ! Une vraie réussite. Du très beau cinéma français comme je l'aime.

Vivement la suite !

[Cric et Croc croquèrent le grand Cruc qui croyait les croquer...]



mercredi 26 mars 2014

Jolie chose de la semaine .....

'La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules' - Philippe Delerm 

[morceaux choisis]

Le paquet de gâteaux du dimanche matin:

Des gâteaux séparés, bien sûr. Une religieuse au café, un paris-brest, deux tartes aux fraises, un millefeuille. A part pour un ou deux, on sait déjà à qui chacun est destiné - mais quel sera celui-en-supplément-pour-les-gourmands ? On égrène les noms sans hâte. De l'autre côté du comptoir, la vendeuse, la pince à gâteaux à la main, plonge avec soumission vers vos désirs; elle ne manifeste même pas d'impatience quand elle doit changer de carton - le mille-feuille ne tient pas. C'est important ce carton plat, carré, aux bords arrondis, relevés. Il va constituer le socle solide d'un édifice fragile, au destin menacé.
- Ce sera tout !
Alors la vendeuse engloutit le carton plat dans une pyramide de papier rose, bientôt nouée d'un ruban brun. Pendant l'échange de monnaie, on tient le paquet par en dessous, mais dès la porte du magasin franchie, on le saisit par la ficelle, et on l'écarte un peu du corps. C'est ainsi. Les gâteaux du dimanche sont à porter comme on tient une pendule. Sourcier des rites minuscules, on avance sans arrogance, ni fausse modestie. cette espèce de componction, de sérieux de roi mage, n'est-ce pas ridicule ? Mais non. Si les trottoirs dominicaux ont goût de flânerie, la pyramide suspendue y est pour quelque chose - autant que çà et là quelques poireaux dépassant d'un cabas. 
Paquet de gâteaux à la main, on a la silhouette du professeur Tournesol - celle qu'il faut pour saluer l'effervescence d'après messe et les bouffées de P.M.U, de café, de tabac. Petits dimanches de famille, petits dimanche d'autrefois, petits dimanches d'aujourd'hui, le temps balance en encensoir au bout d'une ficelle brune. Un peu de crème pâtissière a fait juste une tache en haut de la religieuse au café.


On pourrait presque manger dehors :

C'est le "presque" qui compte, et le conditionnel. Sur le coup, ça semble une folie. On est tout juste au début de mars, la semaine n'a été que pluie, vent et giboulées. Et puis voilà. Depuis le matin , le soleil est venu avec une intensité mate, une force tranquille. Le repas de midi est prêt, la table mise. Mais même à l'intérieur, tout est changé. La fenêtre entrouverte, la rumeur du dehors , quelque chose de léger qui flotte.

"On pourrait presque manger dehors ". La phrase vient toujours au même instant. Juste avant de passer à table, quand il semble qu'il est trop tard pour bousculer le temps, quand les crudités sont déjà posées sur la nappe. Trop tard? L'avenir sera ce que vous en ferez. La folie vous poussera peut-être à vous précipiter dehors, à passer un coup de chiffon fièvreux sur la table de jardin, à proposer des pull-overs, à canaliser l'aide que chacun déploie avec un enjouement maladroit, des déplacements contradictoires. Ou bien vous vous résignerez à déjeuner au chaud - les chaises sont bien trop mouillées , l'herbe si haute...

Mais peu importe. Ce qui compte , c'est le moment de la petite phrase. On pourrait presque... C'est bon la vie au conditionnel, comme autrefois, dans les jeux enfantins: " On aurait dit que tu serais..." Une vie inventée , qui prend à contre-pied les certitudes. Une vie presque : à portée de la main , cette fraîcheur. Une fantaisie modeste , vouée à la dégustation transposée des rites domestiques. Un petit vent de folie sage qui change tout sans rien changer...

Parfois , on dit : " On aurait presque pu..." Là , c'est la phrase triste des adultes qui n'ont gardé en équilibre sur la boîte de Pandore que la nostalgie. Mais il y a des jours où l'on cueille le jour au moment flottant des possibles , au moment fragile d'une hésitation honnête , sans orienter à l'avance le fléau de la balance. Il y a des jours où l'on pourrait presque.


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[Le bonheur n'est pas une quête interminable, c'est un choix de vie]



mardi 4 mars 2014

Les yeux jaunes des crocodiles

Un ouvrage qui était dans ma bibliothèque depuis un moment et que j'avais dû acheter suite à l'engouement qu'avait suscité la trilogie. Mais qui me faisait un peu peur par son épaisseur ! Et puis par manque de temps, je me le réservais pour une période où je serai plus libre. Ce fut chose faite pendant les dernières vacances. Et puis ayant entendu dire que l'adaptation au cinéma sortait en avril , il fallait absolument que j'ai lu le livre avant de voir le film , l'inverse me déçoit souvent.
Ce fut donc 600 pages que j'ai dévorées en une semaine , happée par l'histoire , par chacun des personnages , j'étais dedans quoi !! Non pas qu'on y trouve une intrigue de folie , des paysages paradisiaques ou un suspense terrible ! Simplement parce qu'on y parle de gens comme vous , comme moi , dans un quotidien qu'on a souvent côtoyé, des personnages attachants, tous les traits de caractère s'y confondent, dans lesquels on se retrouve , nous ou nos proches , des tranches de vie qui nous sont familières , et puis une divine écriture : fluide , précise et fine , légère , respectueuse, drôle. Définitivement tombée sous le charme de Catherine Pancol et de toute cette famille qu'elle met en scène , là , devant nos yeux , avec leurs espoirs , leurs désillusions , leurs envies , leurs projets ... une histoire de famille faite d'amour , d'amitié , de mensonges , de vérités , de disputes , de réconciliations.
Ce roman est plein de vie, c'est un hymne à la vie, le quotidien y est sublimé,  on se retrouve soi même, on y fait pleins de liens, il réveille des souvenirs,  des émotions. Bref, on le lit comme on dévore un gros gâteau du dimanche ! En appréciant toujours y retourner.

Aussitôt rentrée, le 1er tome terminé,  j'ai immédiatement commandé les 2 autres tomes, Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi & La marche lente des tortues. 

Dans mon euphorie,  j'aurai même acheté Muchachas , le tout nouveau roman de Catherine Pancol,  mais , chaque chose en son temps, il me faut avant tout lire les plus de 1200 pages qui m'attendent ! Mais il fera partie de mes prochaines lectures, promis !



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[à suivre ...]
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dimanche 23 février 2014

"Je suis tombée amoureuse de lui le jour où je l'ai quitté"

Une de mes lectures de vacances. Je l'ai choisi un peu par hasard , je dois avouer , comme beaucoup de mes livres , c'est à dire à la vue de la couverture et au titre ( qui , évidemment , m'a interpellé , grande romantique que je suis , sauf que j'ai compris plus tard que le romantisme n'était pas vraiment de la partie !). Rapidement lu la 1ère page dans la librairie même , comme à mon habitude (c'est là que tout se joue : j'accroche ou j'accroche pas , je garde ou je repose) , et décidé de l'acheter. Un peu influencée également parce qu'il était présenté en tête de gondole avec une banderole qui lui indiquait un record de ventes.

Alors ce livre c'est une jeune fille de 22 ans qui l'a écrit : Noah du B'. Une autobiographie à la hauteur d'une thérapie je dirais . Noah prend comme point de départ sa rupture avec H , dont elle réalisera que c'est l'homme de sa vie ,comme l'indique le titre, pour dévier sur des sujets qui sont à l'origine de sa fêlure. On est là dans sa tête , dans son coeur , on l'accompagne dans son quotidien , rien d'extraordinaire , mais tout simplement une vie comme vous et moi , ou plutôt comme quand on avait 22 ans !  Mais on lui tient la main , et on prend les mêmes manèges , on vit les mêmes sensations , les mêmes émotions , la boule au ventre , les larmes au fond de la gorge , le désir au creux des reins , les déceptions , les joies , les ptits bonheurs , on sourit au rythme des pages autant que l'on s'impatiente pour savoir la suite... Un peu comme quand on avait 22 ans....

Derrière tout ça , en fil conducteur , des sujets compliqués , voilà pourquoi ce livre me fait penser à une écriture thérapie : la difficulté des relations entre les mères et leurs filles ou plutôt le désamour , l'alcool , l'amitié , les déceptions , le sexe , la mort , la religion.
L'histoire d'une jeune fille de 22 ans quoi .... 
Un style provoc , de l'humour , une ultra sensibilité , l'auteure se met à nu devant nous , elle se livre , elle avoue , et il lui faut une dose terrible de courage , car nous , nous ne sommes que spectateurs derrière notre bouquin , on s'identifie , on réveille nos propres fêlures parfois au détour d'une page , mais son objectif premier à elle , on l'a bien compris, c'est que ses proches , sa famille , ceux avec qui elle a tant de difficultés à échanger , lisent ces pages qui leur sont destinées.

L'écriture est simple , le livre se lit facilement , il est parfois léger , parfois plus lourd  , j'imagine qu'on aime ou qu'on n'aime pas.
Pour ma part , je souligne le cran de cette jeune adulte qui prend son courage à deux mains pour livrer au monde entier ses blessures. On en a tous des similaires , sans tomber dans le mélodrame , on est tous fait de douleurs et de failles et pourtant on ne les a peut-être même jamais avouées ne serait ce qu'à notre meilleure amie. 

Un extrait m'a particulièrement touché , certainement parce qu'il parle de moi , je crois ;-) 

  
"Je n'arrive pas à vivre avec l'idée que ma mère ne m'aime pas comme une mère le devrait et voilà qu'aujourd'hui, c'est mon frère qui me fout à la porte de sa vie.
Comment peut-on être une personne équilibrée après ça ?
Comment peut-on vivre une vie normale ?
Comment pouvons-nous aimer en nous regardant dans un miroir quand les seules personnes venues au monde avec cet amour déjà là , dans les tripes, de façon inné, normalement j'entends, ne vous aiment pas ?
Comment peut-on avoir confiance en l'autre ?
Comment peut-on croire en l'amour ?
On ne peut pas, tout simplement.
Pas de façon normale, j'entends.
On y pense au moins une fois par jour.
On en fait des cauchemars la nuit.
On pleure souvent, sans raison.
On fait confiance à n'importe qui.
On est très souvent déçue.
On tombe amoureuse du premier venu qui semble un peu sincère. On donne son amitié sans réserve aux mauvaises personnes.
Puis on tombe de haut.
On tombe de très haut et on se casse à chaque fois quelque chose. Mais quand on est une personne avec une espérance inépuisable , avec une grande part de naïveté aussi, on reproduit les mêmes erreurs, encore et encore et notre vie devient un cercle vicieux.
Ma vie est un cercle vicieux.
Être une personne , sans racine c'est évoluer dans un monde où on a aucun repère , où le moindre coup de vent peut vous coucher à terre.
La moindre contrariété, et vous remettez toute votre vie en question, toutes vos décisions car vous n'avez aucune confiance en vous, un rien vous anéantit, car vous n'avez aucune carapace.
Vous êtes extrêmement vulnérable.
Partout où vous allez, vous essayez de vous construire un environnement qui ressemblerait à une famille, cependant, quand les acteurs de ce théâtre que votre imagination a orchestré et qui n'ont pas choisi leurs rôles, ne se comportent pas comme vous le voudriez, encore une fois vous vous sentez trahie, mal aimée, rejetée...
Vos relations avec les autres sont loin d'être simples car vous avez peur de l'abandon et vous mettez trop de coeur à vos actions.
Votre passé et votre vécu empoisonnent la personne que vous êtes aujourd'hui, vous avez un complexe de confiance en vous et en l'autre cependant , et, paradoxalement vous ne demandez que cela : accorder votre confiance , offrir votre coeur... Vous mettre à nu...
Vous êtes un petit être fragile et vulnérable.
Souvent les gens vicieux et méchants, qui lisent en vous comme dans un livre, s'en servent contre vous et accentuent encore un peu plus votre mal-être.
Souvent enclin à la mélancolie, vous repensez à des moments de bonheur que vous avez vécus et qui sont loin derrière vous, et, au lieu que ces bons souvenirs vous réchauffent le coeur, leur beauté perdue vous fait pleurer.
Vous savez que vous n'êtes pas une personne normale...
De toute façon personne n'est normal.
Qu'est la normalité ?
Une invention de l'homme pour faire entrer d'autres hommes dans des cases ?
Vous ne rentrez définitivement pas dans les cases.
Vous êtes une personne extraordinaire...
Pas forcément dans le bon sens du terme , malheureusement.
Aujourd'hui vous êtes une adulte émotionnellement perturbée... La question qui vous effraie le plus est, quelle femme et quelle maman serez-vous demain ? Trouverez-vous un jour une personne qui voudra vivre avec quelqu'un comme vous ?
Qui dealera avec votre passé , votre famille biscornue , vos cicatrices et vos blessures ?
Votre démarche a beau être assurée, vous avez beau avoir un visage d'ange, en réalité vous boitez, et derrière ce joli sourire se cache la personne la plus triste au monde ..." 


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dimanche 9 février 2014

Mon père , ce héros .....

1 an que tu n'es plus là , que tu m'as lâché la main , que l'absence me ronge et que je me questionne sur le sens de la vie.
1 an que ma vie a pris un autre visage , un visage plus sérieux , plus grave , moins léger ....
C'était il y a un an .... le coup de fil de mon frère en larmes à 6h du matin qui m'arrache d'un sommeil que je ne retrouverais plus jamais après .... les sanglots de mon petit frère qui l'a vu partir , dans ses bras , qui s'en veut encore aujourd'hui de ne pas avoir réussi à prodiguer les 1ers soins dans l'attente des secours .... mes cris , mes hurlements , cette douleur qui me déchire dès la 1ère seconde ... cette instant que j'ai redouté toute ma vie ... tout qui se bouscule dans ma tête , pourquoi maintenant , pourquoi lui , pourquoi moi , j'ai tant besoin de toi , pas maintenant , je t'en supplie , tu vas te relever , tu es fort comme un lion , je n'y crois pas , je ne comprends pas ... la route fraîchement enneigée que j'emprunte au volant de ma voiture qui hurlera tout le chemin que je n'ai pas attaché ma ceinture ... et moi accrochée à ce maudit volant qui crie papa .....
Je me souviendrai toujours du regard de ce pompier qui remontait dans son camion , qui m'a vu arriver , qui a compris qui j'étais , ce regard si gêné ... les gyrophares du camion , sans un bruit dans la rue encore plongée dans la nuit , mes pas sourds sur la neige , j'avais envie d'hurler au voisinage de se réveiller , de sortir , mon père est mort , levez vous tous ....
Je me souviendrai jusqu'à mon dernier souffle de cette silhouette qui s'approche , que je ne reconnais pas tant je suis sonnée , cette silhouette qui vient me serrer fort dans ses bras d'homme , et oui mon petit frère , tu étais si fragile quand tu étais enfant , tu es aujourd'hui un homme et c'est toi qui me maintient pour que je ne m'écroule pas sur le trottoir , j'entends tes larmes , c'est notre monde qui s'écroule , la vie ne sera plus la même ...
La maison déjà toute illuminée , les portes grandes ouvertes malgré ce froid piquant , les meubles qui ont virevolté dans la bataille , à l'arrivée des pompiers et du SAMU , des traces de sang au sol, la chemise de mon père arrachée , dans un coin ...
Ma mère qui vient nous serrer , ses râlements dans la voix , elle compte les années de mariage .... Nous ne sommes plus que trois , il est dans la pièce à côté , sans un souffle , mais nous sommes déjà seuls , nous ne sommes plus que trois .... Nous qui avons toujours été 4 , malgré les épreuves , nous étions 4 , tellement soudés les uns aux autres , il nous a lâché la main , je n'y crois pas , je suis entre réalité et folie .... 

Mon Père , il était beau , il était fort , il était le pilier de ma vie , il était ma force , mon ambition , il me rassurait , il me conseillait , il m'apaisait ... Il était tout simplement l'Homme de ma Vie . Avec mes yeux de petite fille , je le respectais , il me rendait fière.
Et puis un matin d'hiver , un matin enneigé , il nous a lâché la main , il s'est effondré pour ne jamais se relever. Ce matin là ma vie a basculé et j'ai compris que rien ne serait plus jamais comme avant.
Il est parti il y a tout juste un an aujourd'hui. L'année fut chaotique. Mon âme m'a promenée dans les bas-fonds les plus terrifiants. Mon corps a souffert. Mon travail de deuil reste l'épreuve de ma vie. J'ai eu peur . Cette peur au ventre qui vous empêche d'avancer. Persuadée que je ne serais pas à la hauteur, je me suis laissée tomber.
Le manque et l'absence sont les plus douloureux. Suivent les nuits sans sommeil, les angoisses, le manque d'envie , la perte de confiance , l'envie de se replier sur soi et de ne plus sortir , les questions sur la vie , où trouver la motivation de continuer ....
Et puis il faut prendre ses responsabilités. A contre coeur je me suis occupée de tout , absolument tout, des papiers dont je n'avais jamais entendu parler , je me suis plongée dans les procédures , la joie de l'administration , j'ai pris sa place , tout naturellement ...
J'ai plongé , souvent , sans avoir l'envie ni la force de remonter. J'ai souffert du plus profond de mon être. Je remontais toujours , pas bien haut... 

Il en aura fallu des heures , des jours , des semaines ... des photos , des chansons , des poêmes , des souvenirs , des mots , des lettres , des visites au cimetière , des monologues devant un nom gravé dans le marbre ... Au carrefour de ma vie , j'ai enfin décidé d'aller demander de l'aide. 

Le travail de deuil est long , terriblement long , je pense même que c'est le travail de toute une vie. Il est personnel et unique. Il nous renvoie à nos blessures jamais pansées , il réouvre des douleurs cachées , il réveille l'angoisse de notre propre mort , il est l'occasion de faire le point sur les buts et les vraies priorités de nos vies. Pour ma part il m'a recentrée sur l'essentiel et aidée à faire un ménage autour de moi.

Ma meilleure amie qui , à cette époque , vivait aux Etats Unis et était donc bien trop loin de moi pour me serrer dans ses bras, m'a fait parvenir un livre qui m'a beaucoup aidé à comprendre que tout ce que je vivais était normal. Certaines explications m'ont même déculpabilisée. De plus il m'a également expliqué ce que j'allais vivre dans les mois à venir.
Très pédagogique , il décrit très simplement le processus du deuil :

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Et puis il y a les enfants. Il faut gérer leurs questions , leur peine à aux aussi. J'ai toujours beaucoup discuté avec mes enfants , sans tabou. Et un jour , j'ai crée des petites planches de dessins pour illustrer ce genre de moments. Elles sont l'occasion d'échanger avec les enfants sur les évènements de la vie et de mettre le doigt sur des choses qui étaient jusque là restées en sous marin.
Voici celle que j'ai dessiné qui concernait la disparition de leur papie :


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Aujourd'hui , un an plus tard , je me dis que j'ai parcouru une véritable ascension de l'Everest. J'aurais pu être plus forte , j'aurais pu mieux me relever quand il l'a fallu... mais je crois que finalement j'ai fait ce que j'ai pu ... On n'est pas égal face au deuil. J'ai réagi en fonction de mon expérience , en fonction de mon passé , des armes que l'on m'avait ou non transmises , de l'amour que j'ai reçu ... Je n'ai rien réussi , je n'ai pas échoué , j'ai simplement tenté de rester vivante .....


« Je me suis laissée plonger dans le chagrin, j'ai pas lutté... Et puis, un jour, je me suis dit : tu peux encore sourire, tu peux encore marcher, tu es en bonne santé, tu as toutes tes facultés. Il y a plein de choses à faire, plein de gens à rencontrer, et la joie est revenue. La joie de vivre. C'était inexplicable. J'ai eu à nouveau envie de vivre .»     K.Pancol

mercredi 5 février 2014

La femme parfaite est une connasse !

Ou comment se déculpabiliser d'être si imparfaite, voire même totalement normale !!!
Un guide à l'attention des femmes que nous sommes , qui nous renvoie à des anecdotes vécues tant de fois.
On y retrouve la théorie du foutu pour foutu [après le craquage pour le pain au chocolat du lundi matin , foutu pour foutu , autant en manger un deuxième !!] , la fameuse phrase de la vendeuse en prêt à porter "ce modèle n'est plus disponible qu'en tailles 34 ou 36, on ne fait pas de grande taille..." ou encore la torture de la chaussure à talons.
Du vécu, une écriture tout en humour mais ultra féminine. Un ptit bouquin écrit par des femmes pour des femmes!!
Un bon moment de franche rigolade , dévoré en une soirée , je ne regrette pas mes 5 euros d'investissement et penserai même à le ressortir à l'occasion de soirées entre copines ! 
Néanmoins je suis navrée que les auteurs n'aient pas abordé le sujet de la femme-mère : il y aurait eu tant à dire!!! J'ose espérer que ce sera l'objet d'un 2ème tome !!!


[Que Dieu protège l'homme qui refuse de se marier avant d'avoir trouver la femme parfaite... Et que Dieu l'aide bien davantage encore quand il l'aura trouvée !]


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